Besoin d’images pour poser mes mots et éloigner mes maux.

L’inspiration n’est plus au rendez vous, alors je marche, la musique, forte, dans mes écouteurs distille le doigté d’un grand guitariste. Ses notes donnent un sens à mes pas et à mes pensées.

Nous sommes le 22 mai, il est environ 19h00, le thermomètre affiche tout juste 10 degrés, le ciel est gris, chargé de nuages gorgés d’eau, le froid de ce printemps impose un rythme rapide à ma marche.

 220513-Balade-2604Des étangs se sont formés ça et là dans les champs, sur lesquels se reflète le ciel d’un gris persistant, indomptable, pesant. Le bord de la route empruntée est gorgé de cet élément vital et pourtant je ne me risquerais pas à en boire.

Cette image m’amène à une réflexion, le ciel et la terre intimement liés, on l’un pour l’autre une attirance certaine, mais jamais ne se toucheront.

Comme deux amis très proches, sur un même chemin, parfois l’un pleure et l’autre reçoit ses larmes et parfois la chaleur de l’un sèche les larmes de l’autre.

 220513-Balade-2610D’un pas pressé par le vent froid de ce mois de mai, je croise un panneau de mise en garde « DANGER » surmonté d’une croix. Comment ? Ne m’aurait on pas prévenu ? C’est donc ici que le ciel rejoint la terre pour ne plus former qu’un et unique être

Tourbillonnant, sifflant, explosif…

Ma quête de réponses s’arrêtera quelques dizaines  de mètres plus  loin, à la croisée des chemins, où je compris que quelques soient les rapports entre le ciel et la terre ils resteront à jamais liés. L’un ne pouvant subsister sans l’autre, toujours complices pour la nuit des temps, main dans la main, guettant et anticipant à chaque instant les réactions de l’autres, mais ne se rejoindront jamais, sauf, peut être, dans une autre dimension.

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Tout au long du chemin, l’empreinte de l’homme est omniprésente. Sillons, constructions, pilonnes…

Les nuages, comme fronçant des sourcils noir, semblent mécontent de ce pilonne intrus. Pourtant même si parfois un éclair de colère va frapper cette forte et haute stature, c’est de bonne grâce et parce que c’est plus fort qu’eux, qu’ils continueront à coexister, cote à cote pour l’éternité…

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Le cœur serré après cette prise de conscience, mes pas me mènent au départ d’un chemin de terre récemment dévasté par l’eau, cet élément si vital et d’une puissance inouïe. La terre colle à mes semelles, ralentissant ma marche m’évitant bien des glissades. Là je compris ce qu’était la solitude devant la mort. Enchevêtrement de bras tendus tantôt vers le ciel, enfouis sous une épaisse couche de boue. Autant de veines ou circulaient la sève indispensable à la survie, le cœur ne battra plus, le bruissement des feuilles est fini. Couchés, le corps affleurant la terre et l’eau, sans vie, ces êtres ne balancerons plus aux vents. De multiples fractures ouvertes, pour lesquelles aucune attelle n’a de secours.

Soudain la poitrine se serre, les neurones réagissent la mémoire refait surface, et si je ne m’étais pas relevé il y a de cela quelques années …